Pour confectionner ces sacs, choisissez des restes de cotonnade dans une même tonalité de couleurs.
Tutos création
Tutos pour loisirs créatifs, en tissus, crochet, peinture...
samedi 13 février 2016
Histoire des tissus à travers les âges...
Depuis des millénaires, on utilise les textiles pour décorer, réchauffer, habiller les maisons et les rendre plus confortables. Les draperies, rideaux, tapis et tapisseries étaient — et sont encore — les signes d'un rang social. Certaines de ces utilisations subsistent encore aujourd'hui ; par exemple, des rideaux à deux pans surmontés d'un lambrequin. D'autres, comme les draperies murales, nécessaires pour empêcher les courants d'air tout en étant décoratives, ont presque disparu.
Nos ancêtres savaient recouvrir les murs, les portes, plafonds et sièges, et habiller les lits et fenêtres avec beaucoup de panache. La manière dont ils utilisaient les étoffes, leurs goûts et leurs styles sont, aujourd'hui encore, une inépuisable source d'inspiration.
Une minorité riche (généralement la cour) dictait la mode en matière de décoration intérieure ; elle était suivie et copiée par d'autres classes sociales, qui décoraient leurs maisons en fonction de leurs moyens.
La Grèce antique et Rome ont influencé pendant des siècles l'architecture et la décoration intérieure en Occident. Comment ces premiers stylistes employaient-ils les tissus d'ameublement ?
Les Grecs utilisaient les étoffes à profusion, soit tendues contre les murs, soit nouées ou drapées souplement, en forme d'arches et en couches de différentes couleurs. Leurs teintes favorites étaient le vert vif, le safran, l'or, le violet et l'écarlate.
Les rideaux tenaient souvent lieu de portes chez les Grecs et les Romains. Comme les maisons étaient ouvertes à tous les vents, ils entouraient leurs lits de rideaux, parfois richement parfumés.
Les divans étaient très en vogue, avec leurs matelas et coussins recouverts de tissu et posés sur des sangles.
Les Romains qui passaient aussi beaucoup de temps à l'extérieur de leurs maisons avaient pris l'habitude de construire, dans leurs jardins, des pavillons très colorés surmontés de baldaquins, pour y donner leurs banquets.
Importance des tentures
![]() |
| « Tenture de La Dame à la licorne : « Mon seul désir ». Vers 1500. Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. © RMN-Grand Palais / Michel Urtado. » |
Les tentures et tapisseries étaient une des caractéristiques de l'habitat médiéval du nord de l'Europe. Les étoffes faisaient toute la richesse de ces intérieurs. La classe dirigeante avait un mode de vie itinérant car, pour gérer ses terres, elle devait se déplacer, de château en château, avec son mobilier. On transformait de fond en comble des pièces nues avec des tapisseries et des tentures brodées, peintes ou teintes.
Les tapisseries étaient ornées de scènes représentant les différentes saisons de l'année : des scènes de chasse et de fauconnerie en automne et en hiver, des scènes pastorales et romantiques au printemps et en été. Les croisades et la guerre de Troie étaient une autre source d'inspiration.
![]() |
| Le bain : le baldaquin est suspendu à un cerceau. Il protège des courants d'air et apporte une certaine intimité. |
Au Moyen Age, les lits étaient garnis de courtines fixées aux murs et aux poutres du plafond par des liens. A partir du XIVe siècle, un baldaquin carré, fixé au plafond par des chaînes ou des tringles, surplombait le lit. Sur un tableau du début du XVe siècle, qui figure la chambre à coucher d'une maison française, on aperçoit un lit qui disparaît sous des draperies et qui est surmonté d'un baldaquin insolite, en forme de dôme, d'où s'échappent des cascades de tissu, frappé de fleurs de lys. Une tenture assortie, nouée souplement, borde, d'un seul côté, une porte ouverte.
Les origines des coordonnés
Le goût esthétique pour les draperies coordonnées s'est développé avec la Renaissance. Aux XVe et XVIe siècles, la symétrie, la régularité et l'harmonie étaient les principes de base de l'architecture, avec une continuité visible en matière de décoration intérieure. Bientôt la mode des coordonnés s'est étendue à toutes les étoffes d'ameublement.
Toutefois, à cette époque, les rideaux n'encadraient pas encore symétriquement les fenêtres. Une fine étoffe, genre taffetas léger (taffetas de soie) ou lin, accrochée dans l'embrasure de la fenêtre, protégeait du soleil mais pas des courants d'air, et les lambrequins n'avaient pas encore fait leur apparition. Les rideaux, ouverts en leur milieu, ne sont devenus chose commune qu'à la fin du XVIIe siècle.
Dans les peintures du XVIIe siècle, on aperçoit des tapis de table, parfois un genre de tapis turc trop précieux pour être posé sur le sol. Mais ce n'étaient pas des tapis à proprement parler (le terme est pris ici dans son sens générique). Ils étaient en tapisserie ou en tissu richement rebrodé et, si nécessaire, protégés par une pièce de lin, de voile ou de dentelle.
Au XVIIe siècle, seules les pièces secondaires ou lambrissées n'étaient pas recouvertes de tentures. Les draperies souples du Moyen Age avaient fait place à des lés étroits, tendus sur les murs et semblables au papier peint d'aujourd'hui. Pour plus d'effet, ces lés étaient parfois formés d'une juxtaposition de différents tissus, souvent entourés d'une bordure contrastée, ou raccordés par des incrustations de dentelle en soie ou en fils d'or et d'argent. Il existait aussi des tentures de cuir doré, dit cuir de Cordoue.
A la fin du XVIIe siècle, les franges apparaissent dans la décoration. Une longue frange la base des tentures, dissimulait les clous qui les fixaient sur la baguette d'anglesage et une frange plus courte recouvrait les raccords verticaux.
Autre emploi plus étonnant : des franges clouées à la base des rayonnages d'une bibliothèque, époussetaient le dessus des livres le qu'on les sortait pour les lire.
A cette époque, c'est le tapissier qui avait haute main sur la décoration intérieur. D'abord modeste marchand d'étoffes d'occasion, son rôle change au XVIIe siècle avec 1'importance de plus en plus grande que prennent les tentures qu'il fournit et confectionne. A la fin du XVIIe siècle, la technique, qui avait largement emprunté à la sellerie était presque point (à l'exception de la mise en place des ressorts), mais l'effet produit dépendait plus de la splendeur des étoffes, richement décoré que de l'habileté du tapissier.
Autre emploi plus étonnant : des franges clouées à la base des rayonnages d'une bibliothèque, époussetaient le dessus des livres le qu'on les sortait pour les lire.
A cette époque, c'est le tapissier qui avait haute main sur la décoration intérieur. D'abord modeste marchand d'étoffes d'occasion, son rôle change au XVIIe siècle avec 1'importance de plus en plus grande que prennent les tentures qu'il fournit et confectionne. A la fin du XVIIe siècle, la technique, qui avait largement emprunté à la sellerie était presque point (à l'exception de la mise en place des ressorts), mais l'effet produit dépendait plus de la splendeur des étoffes, richement décoré que de l'habileté du tapissier.
![]() |
| Damas Orion de style Régence – Louis XIV |
Dans les milieux plus modestes, les sièges tapissés ne sont pas toujours assortis et sont souvent recouverts d'un mélange de velours de laine, de maroquinerie, de soie ou de lainage. Ce que l'on pourrait presque appeler un fauteuil, aux dossier, assise et accoudoirs rembourrés, apparaît en France au début du XVIIIe siècle. Les chaises cannées sont souvent couvertes d'une galette capitonnée, attachée au dossier. De gros coussins remplis de duvet garnissent les bancs.
A partir du XVIIIe siècle, toutes les fenêtres des pièces de réception sont garnies de rideaux. Les rideaux ouverts en leur milieu sont courants, mais ceux que l'on remonte verticalement sont considérés comme plus chics. Le panneau festonné se remonte verticalement en formant un bouillonnement de plis sous un lambrequin. Enfin, certains rideaux se remontent diagonalement vers les angles supérieurs de la fenêtre, et forment des festons et des chutes de part et d'autre.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les lits sont toujours recouverts d'un baldaquin, comme au XVIe siècle, mais celui-ci est fixé sur les colonnes mêmes du lit. La mode s'exprime dans l'habillage de ces baldaquins, d'abord droits et décorés de larges franges, puis festonnés et dentelés.
Comme la face interne des courtines est presque aussi importante que la face externe, le baldaquin a, lui aussi, deux faces et les rideaux coulissent entre elles.
Le tissu utilisé pour confectionner la face interne des rideaux habille normalement aussi la tête et le dessus du lit.
Le commerce international du tissu d'ameublement et de la décoration intérieure est florissant. Les Français ont le monopole de produits de luxe comme les tapisseries, les meubles et les tapis. Les Italiens produisent la soie damassée et le velours. Les Anglais n'essayent même pas de s'aventurer sur ces deux marchés. Ils vendent des poteries, des tapis et des meubles à la classe moyenne, chez eux ou sur le continent. Le seul produit anglais, un peu frivole mais qui obtient quelque succès est, assez curieusement, le papier peint floqué. Au début du XVIIIe siècle, les Américains deviennent de grands consommateurs de produits de décoration européens, tout d'abord anglais puis français.
Le triomphe du drapé
Au début du XIXe siècle le style Empire, d'origine française, envahit l'Europe et les Etat-Unis. Alors que le mobilier lui-même a des lignes très pures et très strictes, les rideaux tentures sont drapés voluptueusement. Des flots de tissu sont suspendus à des tringles les murs sont recouverts de mousseline ou de soie.
Des tons pâles, façon porcelaine Wedgwood, parfois soulignés de noir, constituent de jolis ensembles de couleurs. Mais le style Empire sait aussi être criard avec ses satins verts et jaunes vifs ou rouge écarlate.
Au cours du XVIIIe siècle, on commence à placer les lits latéralement contre les murs, à enlever les colonnes. Les baldaquins sont nouveau suspendus au plafond ou fixés ai murs. On réduit un peu le volume des lits, le chic du décor qui, autrefois, émanait c festons et de franges très travaillés, décou maintenant du mouvement et du tombé d' draperies. Les lits de style Empire sont plus jolis qu'imposants.
L'âge de la profusion
Les tentures sont restées populaires jusqu'au XIXe siècle, même si le papier peint les a su plantées sauf dans les grandes maisons bourgeoises. Au milieu du XIXe siècle, les manteaux de cheminée sont souvent drapés d'étoffes. Il existe même parfois des rideaux que l'on ouvre au moment d'allumer le feu.
Le lambrequin — un bandeau plat avec une paire de pentes qui tamise la lumière — remplace les festons et les bouillonnements de tissu qui, jusqu'ici, décoraient les fenêtres. Il est souvent accompagné de doubles rideaux et d'un sous rideau en mousseline ou en dentelle. Il est aussi très à la mode de placer aux fenêtres des stores à enrouleur.
![]() |
| Tissus sous Napoléon III |
Au milieu du XIXe siècle, on introduit les ressorts et le capitonnage dans la fabrication des canapés et sièges. Jusqu'alors les bouffettes suffisaient à maintenir une mince garniture mais, avec l'apparition d'un rembourrage plus épais, il a fallu les remplacer par des boutons suffisamment solides pour résister à une tension beaucoup plus forte.
La vogue du capitonnage entraîne une débauche de sièges plus rembourrés et ventrus les uns que les autres, qui triomphent dans les sombres intérieurs victoriens débordant de poufs, repose-pieds, petits meubles fourré-tout, tapis de table, paravents et jardinières. A la fin de l'ère victorienne, seul le lit échappe à cet excès de décoration. Les courtines, longtemps en faveur, sont subitement considérées comme malsaines et abandonnées.
Beaucoup d’uni mais également des imprimés variés : fleurs, grands ramages, verdures exotiques.
L'âge de l'éclectisme
Au début du XXe siècle, on commence à abandonner ces intérieurs surchargés et recherchés parfois jusqu'à l'excès.
Aujourd'hui, la décoration intérieure, très dépouillée en ce qui concerne les lignes et la densité, ne ressemble en rien à ce qu'elle était à la fin du XIXe siècle.
Le vaste choix qui s'offre à nous en matière de décoration intérieure est un autre élément que nous partageons avec le XIXe siècle. Dans les années 1850, c'est le marché plutôt que les valeurs classiques qui dictait l'esthétique. Le goût s'était démocratisé et la production, la consommation de masse avaient entraîné une multiplicité de styles. Aujourd'hui, comme hier, il n'y a plus de modèle esthétique unique et nous sommes libres de puiser dans toutes les richesses du passé et dans les multiples styles de décoration qui tentent notre imagination.
Inscription à :
Articles (Atom)






